Contrat de mariage par J.O. La Madeleine

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Musique

Musicien.nes
J.O. La Madeleine (voix)

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  • voix (1)


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Paroles

J'vas t'lire mon contrat de mariage mon vieux.
Bien quin v'là.
Par-devant le notaire soussigné, fut présent Jean Coucher-Debout', rapailleur de marmites, et Marie Barbouillé.
Les dits pères et mères à St-Jacques-du-Cèdr', barache malpropr', cette grande sèche qui vendait des pains d'épices à toutes les dimanches à la porte de l'église de la paroisse dans l'embarras.
C'est une paroisse bien grande, là où il y a goudringe sur les veuves sans mondeune nant du midi à la croix verte du faubourg de la pentecôte.
Lesquels avaient beaucoup d'agrément avec leurs parents et de la part des futurs époux, Jean Coucher-Debout et Margot Vapartout.
Les anciennes tantes se connaissaient bien pour avoir gardé les cochons ensemble l'espace de dix ans ont promis de se prendre pour mari et femme et voulant même contracter leur mariage qui se fera le premier jeudi de la semaine dernière.
Alors consentante de bonne volonté de laisser leurs parents à l'année qui ne finira jamais.
Les dits futurs époux se prenant avec chacun leurs défauts et leurs mauvaises qualités, savoir les mauvaises qualités de la dite future épouse :
Elle est méchante, désobéissante, orgueilleuse, menteuse, opiniâtre, fantasque, diabolique, ivrognesse, jalouse et fidèle malgré elle.
Elle est âgée d'environ 10 ans, 11 mois et 27 jours.
La taille 4 pieds moins deux pouces.
Les deux oreilles un côté de la tête comme une bourrique, les deux yeux à la coque, les dents blanches comme des jaunes d'oeuf, le visage comme un singe et la tête comme un champignon.
Les dits futurs époux se prenant avec chacun leurs biens.
Savoir les biens de la dite future épouse, consistant une belle batterie de cuisine provenant de sa défunte tante Philanthropie, morte en buvant la semaine dernière.
Savoir trois plats d'effilaine pas salissante, une fourchette en toile, un plat de bois et un couteau d'indienne.
Une belle robe de taffetas cramoisi d'un beau noir de fumée et un beau jupon jaune couvert de belles toiles d'Irlande.
Et de plus, un beau lit d'amertume entouré de grands rideaux de chagrins.
La garniture est d'inquiétudes, la couverte de grandes rumeurs.
Le dit futur époux dit à la dite future épouse la somme de trois sous ayant convenu de lui payer cette somme au bout de mille ans après sa mort et que si encore qu'un des deux futurs époux venait à mourir sans enfants, tout' les biens retourneraient au survivant.
Et le survivant prendra son précipice, son lit garni tel qu'il s'y trouvera.
Et pour sureté, la dite future épouse hypothèquera la terre susdit.
À cet effet qu'y a eu de Clerc Comprenne Notaire Revoises en date du 42 du mois des plus malheureux dans la vie.
Ont été témoins 99 aveugles qui ont vu et lu ce présent contrat.
Savoir : Georges Enplusdur, Paul Sansparole et Simon Sansmenton, Christophe Nezcroche, qui bridait son âne par la queue crainte de lui casser les dents.

Notes sur l'oeuvre

Le contrat de mariage (lancé en janvier 1938) : Monologue d'humour absurde récité par J.O. (Source : La musique de J.O. La Madeleine (1879-1973) et de ses enfants par Jean Duval)

Morceau(x) interprété(s)

Morceau Tonalité Métrique Structure
Contrat de mariage


Partition

Extrait de : La musique de J.O. La Madeleine (1879-1973) et de ses enfants par Jean Duval



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